Ouh lààà ... c'est la rentrée et je n'ai même pas eu droit à un cartable neuf... la rentrée avec son temps de chiotte, un peu moite et toutes les petites gâteries que notre ministre nous a concoctées pendant l'été.
C'est devenu un jeu entre lui et nous : il doit trouver chaque année de nouvelles astuces pour nous pourrir la vie et chaque année (avec l'aide de ses sous-fifres), il se surpasse.
Bon, j'avoue, je suis un peu vert de ne pas avoir pensé le premier au principe de la classe virtuelle. Un truc tout simple pourtant, il suffit d'imaginer un groupe d'élève qui ne sont jamais ensembles, qui sont justes dispatchés dans les autres classes où il y a des chaises de libres : quelques uns iront faire des maths dans la classe A pendant que d'autres suivront le français avec la classe B...etc, etc. Et tant pis si les élèves de la classe virtuelle ne préparent pas le même diplôme que ceux de la classe où ils "squattent" : les profs savent très bien faire 2 cours en même temps ( ça c'est une invention déjà ancienne, c'est la "pédagogie différenciée").
Mais plus que la classe virtuelle, ce que j'ai préféré dans les gadgets de la rentrée 2011 c'est la nouvelle circulaire sur les sorties scolaires, un vrai régal ! allez je ne résiste pas...
Cette circulaire pourrait aussi s'intituler " comment se tirer une balle dans le pied", le but, à peine caché, étant de rendre la vie impossible aux enseignants (du public)et de faire un maximum de cadeaux au privé et aux entreprises de transports.
ça commence, bien sûr, par clamer haut et fort le contraire de se qu'on va faire réellement :
"Les déplacements des élèves lors des sorties et voyages scolaires participent à la mission éducative des établissements (...) Les nombreux bénéfices retirés par les élèves de ces expériences éducatives et pédagogiques doivent inciter les établissements à organiser ces déplacements."
on pose des conditions :
"Il est recommandé que la sortie ou le voyage scolaire concerne de préférence une classe entière accompagnée par un ou plusieurs de ses professeurs (...)"
on complique les conditions :
"Les élèves qui ne participent pas à une sortie à caractère facultatif doivent pouvoir bénéficier de l'enseignement devant leur être normalement dispensé."
Bon, et comment on fait pour accompagner une sortie et faire cours à ceux qui ne veulent pas y aller ?? rassurez-vous tout et prévu :
"Le décret n° 2005-1035 du 26 août 2005 relatif au remplacement de courte durée des personnels enseignants dans les établissements d'enseignement du second degré pose le principe selon lequel le remplacement des absences des enseignants d'une durée inférieure ou égale à deux semaines est organisé par protocole dans l'établissement.
Ce dispositif s'applique notamment lorsque les cours ne peuvent pas être assurés du fait de l'absence des enseignants accompagnateurs à l'occasion d'une sortie ou d'un voyage scolaire. Les modalités du rattrapage de ces cours doivent être étudiées dans le cadre de ce protocole."
Traduction : si des profs veulent accompagner une sortie ils doivent d'abord se débrouiller pour se faire remplacer.
Bon, allez, on a trouvé des collègues sympas qui font garderie, maintenant il faut financer notre sortie :
"Les sorties scolaires obligatoires sont gratuites et sont donc prises entièrement en charge par l'établissement.
Les sorties scolaires facultatives peuvent bénéficier d'un financement provenant de différentes sources, qui sont les suivantes :
- les crédits alloués par l'État : crédits pédagogiques ou dotations d'aide aux projets ;
- les aides attribuées par les collectivités territoriales ;
- les contributions du foyer socio-éducatif (FSE) au collège, de la Maison des lycéens (MDL) au lycée ou d'autres associations de type loi 1901. Elles sont versées à l'établissement sous forme de dons préalablement approuvés par le conseil d'administration de l'établissement ;
- les apports d'entreprises privées : les entreprises privées peuvent contribuer au financement d'un déplacement dans la mesure où cet apport n'est pas assorti d'une obligation publicitaire ;
- les ressources propres de l'établissement : un établissement peut financer sur ses ressources propres ou en mobilisant le fonds de roulement (...)."
Voilà ce que le ministre appelle un "large éventail de sources de financement" !! Ça fait sérieux ça hein ! sauf que ça n'a ni queue ni tête : les établissement n'ont pas de fonds propres : ils dépendent d'une subvention de fonctionnement, versée par la région et qui permet juste de payer le chauffage et l'électricité. Toutes les autres suggestions de notre bon ministre reviennent à une seule : aller gratter à toutes les portes et pleurer pour une subvention (par les temps qui courent bon courage !!).
Le comble de l'hypocrisie étant de laisser croire que la Maison des Lycéen pourrait contribuer !! je rappelle que la MdL st une association de lycéens qui n'a même pas le droit de réclamer une cotisation à ses membre et qui n'a quasiment plus aucune ressource depuis que les distributeurs de boissons sont interdits dans les lycées ( encore une bonne idée de ministre ).
Mais ne nous laissons pas abattre ! on va faire au moins cher, en utilisant les véhicules personnels où ceux de l'établissement pour diminuer les coûts.... ben en fait non :
"En tout état de cause, il n'appartient pas aux enseignants, au regard de leurs obligations statutaires, de conduire des véhicules, que ceux-ci soient personnels, de location ou de service."
Et voilà, ce bon gros gâteau, qui risquait d'échapper aux sociétés de transport, leur a été rendu.
Je n'ai retranscrit qu'une petite partie de la circulaire et des milles tracasseries qu'elle inflige aux malheureux qui essaient encore de sortir les élèves des établissements, pour ceux qui veulent boire le calice jusqu’à la lie :
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=57074
Et pour qu'il soit bien clair que le but ultime est de saboter le travail des fonctionnaire le texte précise :
"la présente circulaire (...) s'applique uniquement aux établissements publics d'enseignement du second degré (il est rappelé en effet que, s'agissant des établissements d'enseignement privés sous contrat, le directeur de l'établissement a pour seule obligation d'informer l'autorité académique des dates et de la durée des sorties et voyages scolaires)." ite missa est !!
Trêve d'aigreurs, passons aux nouvelles du four. Je n'ai pas eu vraiment le temps d'affiner ma technique de chauffe mais les premiers essais ont révélé que la fumée était plus gênante que prévu (voir billet précédent).
Étant donné la météo je n'ai donc pas organisé de vraie "pizza party", de crainte de transformer les invités en jambons fumés, seuls Jak, son fiston et les intimes de "La Jeannette" ont servis de cobayes pour le moment, avec un stoïcisme admirable.
Pour limiter leurs souffrances (et faire accessoirement cesser les sarcasmes sur le petit rhume noir d'okilélé ;-)) , je me suis donc attelé à la confection d'un collecteur de fumée, amovible, qui vient se placer devant la gueule de M. Four pendant la phase de chauffe :
Un seul essai pour le moment mais prometteur. J'ai aussi fait l’acquisition d'un thermomètre qui devrait permettre de mieux comprendre les caractéristiques du four et de commencer les essais de pain ...
Vivement les vacances !!!
Bonne fin de semaine à tous(tes).
La vie, pas forcément aventureuse, du petit peuple de la ferme : les ROGOFF de Bussy.
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vendredi 16 septembre 2011
mardi 28 juin 2011
du lourd !
Une semaine de canicule... comme la précédente elle n'a pas apporté grand chose pour les travaux en cours où prévus, on a signé les devis, c'est à peu près tout.
Petite info pour les abonnés de l'espace "invité", j'ai fini de scanner les diapos de l'année 1992, elle sont donc
visibles en ligne, je continue de remonter mon retard et 1993 devrait être disponible dès le weekend prochain.
A la recherche d'un peu de profondeur pour ce blog, j'ai imaginé ouvrir une rubrique "éducation", histoire de donner un éclairage de l'intérieur sur les évolutions de notre beau ministère. Il semble que la période qui vient sera riche en annonces spectaculaires, quoi de mieux en effet, pour se gagner la faveur du populo, que d'étriller un peu le mammouth ?
Nous avons donc eu droit au retour de la suppression des allocations familiales pour les parents des élèves absentéistes... une telle mesure "de bon sens" mérite qu'on s'y arrête un peu.
La plupart des commentateurs et des professionnels du secteur social ont souligné le caractère immoral et discriminant de cette nouvelle modalité de la chasse aux pauvres (il fut un temps où on aurait appelé ça la lutte des classes...).
Je veux simplement ajouter qu'il s'agit de déclarations purement démagogiques puisque cette possibilité, présente dans la Loi depuis de nombreuses années, n'a jamais été réellement mise en œuvre et ne le sera pas plus cette fois-ci. (et c'est tant mieux).
Pour ceux qui ont la flemme de se taper les textes dans leur intégralité donnons un aperçu de la "simplicité" du dispositif :
1) lors d'un entretien ou d'une réunion d'inscription l’établissement rappelle aux parents que leur responsabilité peut être engagée et aboutir à la suspension, la suppression des allocations familiales ou à des sanctions pénales.
2) lorsqu'une absence est constatée le contact est pris immédiatement avec les personnes responsables, de préférence par téléphone, sms ou mail.
3) sans réponse de la famille ce premier mode de transmission doit être suivi d'un courrier postal.
4) dès la première absence non justifiée l'élève est convoqué par le CPE "en lien avec le professeur principal" et un contact est pris avec les parents.
5) à partir de 3 demi-journées les personnes responsables sont convoquées et l'assistant de service social est alerté afin "d’évaluer la situation suivant les modalités appropriées, incluant le cas échéant, une visite au domicile."
"l'équipe de l’établissement se concerte afin de rechercher l'origine du comportement [...].
"Les services municipaux, départementaux, associatifs, les équipes de prévention spécialisées et les équipes de réussite éducative peuvent à ce titre constituer des partenaires pertinents".
"Les absences sont consignées, pour chaque élève non assidu, dans un dossier [...] qui présente le relevé des absences en indiquant leur durée et leurs motifs ainsi que l'ensemble des contacts avec les personnes responsables, les mesures prises pour rétablir l'assiduité et les résultats obtenus".
6) à 4 demi-journées d'absence le chef d'établissement transmet sans délai le dossier à l'Inspecteur d'Académie, ce dernier peut confier au Conseiller technique de service social le soin d'effectuer des démarches supplémentaires [...]. Il importe que l'inspecteur d'académie se soit rapproché du référent académique parents et des partenaires [...].
7) l'inspecteur d'académie adresse un avertissement à la famille et saisit sans délai le président du conseil général en vue de la mise en place d'un contrat de responsabilité parentale [...]
8) le président du conseil général peut saisir le procureur de la république [...]
9) trimestriellement l'inspecteur d'académie communique au maire la liste des élèves [...]
Ouf ! nous sommes presque arrivés au bout de cette monstrueuse boursouflure bureaucratique ! et histoire d'enfoncer le clou le texte officiel précise " il importe en effet de conserver les preuves que ces démarches ont bien été effectuées [...]" !!
Bon alors, ça y est ? on lui coupe les allocs à ce salopard ?! Ah Ah Ah ! vous y avez cru hein ! et bien non, pas encore : cette possibilité n'est envisagée qu'en cas de récidive. Retour à la case départ !
Remarque: la Loi prévoit que ce sont les parents qui justifient les absences des enfants, l'établissement n'a absolument pas le droit de réclamer un quelconque certificat médical. C'est donc le CPE qui devra estimer "au pif" si ce que lui racontent les parents constitue une "excuse valable" ou un "motif légitime"...
Ultime précision : pour un lycée de taille moyenne comme le mien la vie scolaire traite un peu moins de 20 000 absences par an...
Voilà, ça méritait bien une campagne de propagande dans les médias, avec "reportage" truqué sur TF1 et faux témoins à l'appui... ( http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/06/26/tf1-et-lattachee-de-presse-du-conseil-general-de-nice-reflexions-sur-un-bidonnage/ )
Pendant ce temps la casse du service public d'éducation peut continuer, le magasin reste ouvert pendant les travaux...
Allez, bonne fin de semaine, la lutte continue !
Petite info pour les abonnés de l'espace "invité", j'ai fini de scanner les diapos de l'année 1992, elle sont donc
visibles en ligne, je continue de remonter mon retard et 1993 devrait être disponible dès le weekend prochain.
A la recherche d'un peu de profondeur pour ce blog, j'ai imaginé ouvrir une rubrique "éducation", histoire de donner un éclairage de l'intérieur sur les évolutions de notre beau ministère. Il semble que la période qui vient sera riche en annonces spectaculaires, quoi de mieux en effet, pour se gagner la faveur du populo, que d'étriller un peu le mammouth ?
Nous avons donc eu droit au retour de la suppression des allocations familiales pour les parents des élèves absentéistes... une telle mesure "de bon sens" mérite qu'on s'y arrête un peu.
La plupart des commentateurs et des professionnels du secteur social ont souligné le caractère immoral et discriminant de cette nouvelle modalité de la chasse aux pauvres (il fut un temps où on aurait appelé ça la lutte des classes...).
Je veux simplement ajouter qu'il s'agit de déclarations purement démagogiques puisque cette possibilité, présente dans la Loi depuis de nombreuses années, n'a jamais été réellement mise en œuvre et ne le sera pas plus cette fois-ci. (et c'est tant mieux).
Pour ceux qui ont la flemme de se taper les textes dans leur intégralité donnons un aperçu de la "simplicité" du dispositif :
1) lors d'un entretien ou d'une réunion d'inscription l’établissement rappelle aux parents que leur responsabilité peut être engagée et aboutir à la suspension, la suppression des allocations familiales ou à des sanctions pénales.
2) lorsqu'une absence est constatée le contact est pris immédiatement avec les personnes responsables, de préférence par téléphone, sms ou mail.
3) sans réponse de la famille ce premier mode de transmission doit être suivi d'un courrier postal.
4) dès la première absence non justifiée l'élève est convoqué par le CPE "en lien avec le professeur principal" et un contact est pris avec les parents.
5) à partir de 3 demi-journées les personnes responsables sont convoquées et l'assistant de service social est alerté afin "d’évaluer la situation suivant les modalités appropriées, incluant le cas échéant, une visite au domicile."
"l'équipe de l’établissement se concerte afin de rechercher l'origine du comportement [...].
"Les services municipaux, départementaux, associatifs, les équipes de prévention spécialisées et les équipes de réussite éducative peuvent à ce titre constituer des partenaires pertinents".
"Les absences sont consignées, pour chaque élève non assidu, dans un dossier [...] qui présente le relevé des absences en indiquant leur durée et leurs motifs ainsi que l'ensemble des contacts avec les personnes responsables, les mesures prises pour rétablir l'assiduité et les résultats obtenus".
6) à 4 demi-journées d'absence le chef d'établissement transmet sans délai le dossier à l'Inspecteur d'Académie, ce dernier peut confier au Conseiller technique de service social le soin d'effectuer des démarches supplémentaires [...]. Il importe que l'inspecteur d'académie se soit rapproché du référent académique parents et des partenaires [...].
7) l'inspecteur d'académie adresse un avertissement à la famille et saisit sans délai le président du conseil général en vue de la mise en place d'un contrat de responsabilité parentale [...]
8) le président du conseil général peut saisir le procureur de la république [...]
9) trimestriellement l'inspecteur d'académie communique au maire la liste des élèves [...]
Ouf ! nous sommes presque arrivés au bout de cette monstrueuse boursouflure bureaucratique ! et histoire d'enfoncer le clou le texte officiel précise " il importe en effet de conserver les preuves que ces démarches ont bien été effectuées [...]" !!
Bon alors, ça y est ? on lui coupe les allocs à ce salopard ?! Ah Ah Ah ! vous y avez cru hein ! et bien non, pas encore : cette possibilité n'est envisagée qu'en cas de récidive. Retour à la case départ !
Remarque: la Loi prévoit que ce sont les parents qui justifient les absences des enfants, l'établissement n'a absolument pas le droit de réclamer un quelconque certificat médical. C'est donc le CPE qui devra estimer "au pif" si ce que lui racontent les parents constitue une "excuse valable" ou un "motif légitime"...
Ultime précision : pour un lycée de taille moyenne comme le mien la vie scolaire traite un peu moins de 20 000 absences par an...
Voilà, ça méritait bien une campagne de propagande dans les médias, avec "reportage" truqué sur TF1 et faux témoins à l'appui... ( http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/06/26/tf1-et-lattachee-de-presse-du-conseil-general-de-nice-reflexions-sur-un-bidonnage/ )
Pendant ce temps la casse du service public d'éducation peut continuer, le magasin reste ouvert pendant les travaux...
Allez, bonne fin de semaine, la lutte continue !
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